Nouveau Bulletin de la plateforme de Surveillance de la Chaîne Alimentaire

Le dernier bulletin de veille de la plateforme Surveillance de la Chaîne Alimentaire a été diffusé. Il rapporte notamment :

  • Salmonellose :

Une épidémie de Salmonella Mbandaka ST413 est en cours en Europe depuis septembre 2021. Au 15 mars 2024, 300 cas ont été signalés, dont 16 en France. Vingt-trois cas ont été hospitalisés, six cas de septicémie ont été déclarés et une personne est décédée au Royaume-Uni. De la viande de poulet cuite à la vapeur et congelée, provenant d’Ukraine, a été mise en cause. Les lots contaminés avaient été importés par des opérateurs non-membres de l’UE et distribués sur les marchés de l’UE et du Royaume-Uni. Malgré la mise en œuvre de mesures de contrôle et de gestion, des cas ont continué à se produire jusqu’au début de l’année 2024, ce qui suggère un risque de nouvelles infections toujours présent, bien que réduit.

Article ECDC du 21/03/2024

  • Polluants organiques persistants :

L’Agence sanitaire allemande (BfR) a publié les résultats de la première étude de l’alimentation totale allemande sur les PCB non-dioxine-like (PCB-NDL) et les Polybromodiphényléther (PBDE) dans 300 catégories d’aliments à risque ou représentatifs de la consommation alimentaire en Allemagne, collectés entre décembre 2016 et mai 2019. Les concentrations les plus élevées pour la somme des six congénères de PCB-NDL retenus comme indicateurs de la contamination totale en PCB-NDL ont été mesurées dans la catégorie des « poissons, produits de la mer et invertébrés » (12,4 ng/g poids frais), suivi des graisses et des huiles animales et végétales (0,305 ng/g poids frais), des viandes (0,167 ng/g) et des produits laitiers (0,157 ng/g). Les concentrations moyennes les plus élevées en PBDE (somme des dix PBDE les plus fréquemment retrouvés dans les aliments selon le dernier avis de l’EFSA) ont été mesurées dans les poissons, produits de la mer et invertébrés (782 pg/g), suivi des viandes (37,5 pg/g), des graisses et des huiles animales et végétales (21,0 pg/g), des œufs (18,3 pg/g) et des produits laitiers (13,2 pg/g). Les congénères BDE-47 et le BDE-99 étaient majoritaires. La comparaison des aliments issus de la production conventionnelle et biologique a révélé des valeurs de NDL-PCB plus élevées dans le groupe d’aliments “viandes et produits à base de viande” en cas de production biologique.

Article ScienceDirect du 16/03/2024

  • PFAS :

Une étude a fourni une analyse des concentrations en PFAS dans les eaux nationales intérieures et côtières néerlandaises de 2008 à 2022 et dans les poissons issus de ces eaux, collectés entre 2015 et 2022. L’article met en avant une relative uniformité des concentrations en PFAS dans les différentes eaux. Bien qu’une tendance à la baisse ait pu être observée pour le PFOS et le PFOA dans certaines rivières, les tendances temporelles pour l’ensemble des composés perfluorés recherchés sont globalement stables. En confrontant les concentrations en PFAS dans l’eau et dans les chairs de poissons aux normes environnementales édictées par la Directive européenne 2013/39/UE, celles-ci étaient dépassées pour le PFOS quel que soit le lieu de prélèvement. Depuis 2012, les concentrations de PFOA ont progressivement diminué dans l’Escaut et dans le Rhin. Chez les poissons, les concentrations des PFAS à chaîne courte étaient souvent inférieures aux limites de détection. Les concentrations en PFOS les plus élevées (jusqu’à 190 µg/kg) ont été détectées chez les poissons provenant de sites à proximité de zones contaminées, telles que les aéroports, en 2015.

Article Environmental Toxicology and Chemistry du 19/03/2024

  • Acide bongkrekique :

Un article de synthèse bibliographique revient sur les principales intoxications à l’acide bongkrekique (BKA) survenues dans le monde. Cette toxine produite par l’espèce bactérienne Burkholderia gladioli pathovar cocovenenans peut être mortelle en cas d’intoxication alimentaire. D’après cette étude, les principaux aliments contaminés associés aux intoxications étaient les nouilles de riz, les aliments fermentés (boissons, noix de coco, farine de maïs, céréales), les champignons réhydratés (Tremella spp. et Auricularia heimuer) et la farine de patate douce. Les auteurs soulignent la survenue d’évènements récents et l’importance de caractériser l’espèce bactérienne productrice de cette toxine, grâce notamment aux nouvelles méthodes de séquençage, pour une meilleure compréhension de sa pathogénicité.

Article MDPI du 26/10/2023

  • Aflatoxines :

Suite à une expertise collective, l’Anses a mis à jour la fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments, relative à Aspergillus flavus et autres moisissures productrices d’aflatoxines dont la version précédente remontait à 2012. Sur la base des données européennes, les principaux aliments destinés à l’alimentation humaine à risque, sont, pour les aflatoxines, les légumineuses, les fruits à coque et les graines oléagineuses, en particulier les pistaches et les arachides.

Avis de l’ANSES du 23/02/2024